Henri Matisse (1869-1954), un artiste en perpétuel renouvellement
Sélection par Les bibliothécaires - BnF
À l’occasion de l’ouverture de l’exposition Matisse 1941-1954 qui se tient au Grand Palais du 24 mars au 26 juillet 2026, la salle Ovale vous invite à redécouvrir l’œuvre riche et variée de cet artiste incontournable dont le département des Estampes et de la photographie conserve d’ailleurs une exceptionnelle collection. Matisse, considéré comme le maître de la couleur et de la lumière en peinture, s’est également affirmé comme dessinateur, illustrateur, graveur, et sculpteur. Figure majeure de la peinture du XXe siècle en France, il ouvre la voie à l’art abstrait.
Originaire des Hauts-de-France, issu d’une famille de tisserands, Henri Matisse abandonne la profession de clerc de notaire pour se consacrer à la peinture. À Paris, il suit le parcours traditionnel d’un jeune artiste, fréquente les académies et surtout l’atelier de Gustave Moreau ou le Musée du Louvre avant d’accéder à une certaine notoriété au Salon de 1896. Il découvre les œuvres de Turner à Londres, de Cézanne, de Gauguin, de Van Gogh… Ami des artistes, il se lie d’amitié avec Bonnard, Picasso, Miro. Devenu le chef de file du fauvisme en 1905, il ne cessera jamais de se renouveler. Ses multiples voyages (Bretagne, Corse, Espagne, Algérie, Maroc, Océanie) et la découverte du Sud de la France (Saint-Tropez, Nice, Collioure, Vence) alimentent et enrichissent son inspiration. Certains thèmes reviennent de façon récurrente comme la danse ou l’odalisque. Au fil du temps, son œuvre s’échappe du réel et se libère de toute imitation. Les couleurs pures et intenses, les compositions sans profondeur ni volume, les lignes ondoyantes, ne correspondent plus à la réalité visuelle. Son art se simplifie jusqu’à atteindre l’harmonie parfaite.
À la fin de sa vie, lorsque la maladie et le handicap le frappent, il poursuit son œuvre créatrice en «dessinant avec des ciseaux» grâce à la technique des papiers peints à la gouache et découpés (20 gouaches découpées de Jazz). La commande de la Chapelle du Rosaire à Vence (1949-1951) sera son chef-d’œuvre , son testament artistique : il conçoit le décor de la chapelle mais aussi le mobilier, les chasubles et les ornements liturgiques. Grâce aux panneaux de céramique aux motifs stylisés et aux vitraux aux couleurs vibrantes (jaune citron, vert bouteille et bleu azur), il réalise un espace de recueillement incomparable (voir l’article de Michel Florisoone conservateur au musée du Louvre dans Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques du 11 novembre 1954 p. 1 et 5). Travailleur infatigable, il continuera à créer jusqu’à la veille de sa mort à Nice en 1954. Devenu le peintre du bonheur, du soleil et de la joie de vivre, il a fait entrer la peinture dans l’ère de la modernité et a atteint son but ultime : créer un art d’équilibre, de pureté, de tranquillité.
Nos derniers coups de coeur
Art
Henri Matisse, 1869-1954 : gouaches découpées
Néret, Gilles (1933-2005)
En taillant directement dans la couleur comme un sculpteur dans la pierre, Matisse découvre la nouvelle technique des gouaches découpées à 72 ans. Avec Les improvisations chromatiques et rythmées, publiées en 1947, il réussit la synthèse parfaite de la ligne et de la couleur.
Les gouaches découpées, la "seconde vie" de Matisse
Henri Matisse (1869-1954) a toujours eu un esprit combatif. Malgré son cancer diagnostiqué en 1941, en dépit de sa faiblesse croissante et de son fauteuil roulant qu'il ne pouvait quitter, cet irréductible artiste français n'a jamais interrompu sa quête artistique, ni cessé de créer. Débutant ce qu'il nommait une « seconde vie », il entama une période remarquable de production de collages, découpant et assemblant des morceaux de papier coloré pour former des « gouaches découpées » peuplées d'oiseaux, de plantes, de fleurs et de formes féminines...
« Découper à vif dans la couleur me rappelle la taille directe des sculpteurs. » Henri Matisse
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Peinture
Matisse, "L'atelier rouge"
Statens museum for kunst (Copenhague)
Catalogue de l'exposition organisée autour du tableau L'atelier rouge d'Henri Matisse, qui représente son atelier à Issy-les-Moulineaux, en banlieue parisienne. L'analyse des oeuvres visibles sur la toile fournit des clés de compréhension.
L'Atelier rouge, une oeuvre clé
Créé en 1911, L’Atelier rouge d’Henri Matisse est devenu l’une des œuvres les plus influentes de l’histoire de l’art moderne.
Acquise en 1949 par le Museum of Modern Art (MoMA) de New York, où elle est depuis exposée, cette toile représente l’atelier de l’artiste à Issy-les-Moulineaux, en proche banlieue parisienne. Elle montre un espace rempli de peintures, de meubles et d’objets décoratifs. La décision radicale de Matisse de recouvrir de rouge la majeure partie de la surface du tableau a fasciné des générations de chercheurs et d’artistes, mais il restait encore beaucoup à découvrir sur la genèse et l’histoire de l’œuvre.
Cet ouvrage abondamment illustré accompagne l’exposition consacrée à L’Atelier rouge qui réunit, pour la première fois depuis qu’ils ont quitté l’atelier de l’artiste, les tableaux, sculptures et objets qui y figurent ...
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Jeunesse
Mon petit Matisse
Sellier, Marie (1953-....)
Le parcours du peintre retracé en vingt oeuvres remplies de fleurs, de fruits ou de danseuses à travers le sud de la France, le Maroc ou Tahiti.
A la rencontre de Matisse
Marie Sellier mène cette collection avec brio pour parler d'artistes aux plus jeunes lecteurs : ses mots, la mise en pages et le choix des reproductions offrent une lecture claire et passionnante des oeuvres. Pour Matisse, dont le vocabulaire pictural passe essentiellement par les formes, la couleur et la lumière, l'accent est mis sur ses toiles où les cadrages magnifient les atmosphères des scènes intimistes, la douceur des portraits et aussi l'importance des décors intérieurs.... L'auteur accorde sa sensibilité à celle de l'artiste, entraînant le lecteur dans des histoires qui deviennent remarquables.(Publié dans La Revue des livres pour enfants)
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Estampe
Matisse et la gravure
Musée Matisse (Le Cateau-Cambrésis, Nord)
Exploration des techniques de gravure réalisées par l'artiste de 1900 jusqu'à la fin de sa vie : bois gravé, pierre lithographique, pointe sèche, eau-forte, linogravure, etc., traitant du thème de ses recherches sur la figure humaine.
Matisse et la gravure : une oeuvre gravée méconnue
Ce catalogue d’exposition du Musée départemental Matisse du Cateau-Cambrésis, ville natale de Henri Matisse, remet à l’honneur son oeuvre gravé. Patrice Deparpe, directeur du Musée, nous introduit dans l’univers noir et blanc du maître de la couleur et nous fait découvrir toute la richesse de cette oeuvre créée en marge de ses peintures et pour laquelle l'artiste a effectué de multiples séries et variations ; le portrait, en particulier, se transforme au fil du temps en masque. Les estampes et matrices exposées témoignent de l’extrême technicité de l'artiste qui a expérimenté tous les procédés : pointe sèche, aquatinte au sucre, xylographie, linogravure, monotype, avec une préférence cependant pour l'eau-forte et la lithographie.
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Dessin
Henri Matisse : le laboratoire intérieur
Musée des beaux-arts (Lyon)
Tout au long de la vie d'Henri Matisse (1869-1954), le dessin occupe une place centrale, tant dans la diversité de ses moyens (crayon, fusain et estompe, plume et encre, calame ou pinceau...) que dans ses supports (feuilles de carnets, marges de lettres, ou beaux papiers)**. Cette pratique assidue dans l'intimité de l'atelier a été le laboratoire de son œuvre de peintre, comme de sa sculpture - Matisse s'est souvent comparé à un jongleur ou à un acrobate, entretenant quotidiennement la souplesse de leur instrument de travail. Les dessins de Matisse environnent, précèdent, accompagnent ou prolongent les autres formes artistiques et se constituent aussi, parfois, en constellations indépendantes.
**L'exposition présente 250 œuvres et rend compte des principaux moments de ce parcours articulés en quatorze séquences à la fois thématiques et chronologiques : des années d'apprentissage au tout début du XXe siècle, jusqu'aux études pour la chapelle du Rosaire à Vence (1948-1949), ultime chef-d'œuvre et aboutissement de toute une vie pour Matisse.
Matisse et le dessin, une quête sans fin entre l'équilibre et la forme
Ce catalogue d'exposition du Musée des Beaux-Arts de Lyon est une invitation à découvrir au travers de ses dessins et gravures "le laboratoire intérieur " de Matisse. L'ouvrage très riche et complet, illustré d'oeuvres picturales et sculpturales majeures, nous fait pénétrer dans l' univers créatif de l'artiste, de son apprentissage à son aboutissement et met en avant ses thèmes de prédilection. Le catalogue des oeuvres nous permet de suivre l'évolution de son inspiration dans le temps, passant du portrait au visage, et du visage au masque, des études de nues, au thème de l'odalisque etc.. pour ne retenir finalement, que l'essentiel.
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