Le droit de ne pas subir la guerre

Sélection par Les bibliothécaires- BnF

Le 20 novembre célèbre la Journée internationale des droits de l’enfant. Cette journée permet de rappeler les principes de la Convention des droits de l’enfant adoptée en 1989 par de nombreux états : droit d’avoir un nom, droit d’aller à l’école, droit d’être soigné, droit de jouer, droit d’avoir une famille mais aussi droit d’être protégé de la violence, droit de ne pas faire ni subir la guerre. Les auteurs de bandes dessinés se sont beaucoup intéressés à ce dernier sujet en dénonçant les ravages des conflits armés. Dans cette sélection, nous vous proposons de suivre ces enfants dans les tourmentes qu’ils ont vécues et de voir comment ils s’en sont sortis.

Sélection thématique Bande dessinée et roman graphique

Nos derniers coups de coeur

La Guerre de Catherine

La guerre de Catherine

A cause de la guerre et de la persécution des Juifs, Rachel Cohen est devenue Catherine Colin. Dans sa fuite, elle emporte son appareil photographique pour tenir et résister.

Grandir pendant la guerre

France, début de l'Occupation allemande. Rachel a trouvé refuge à la Maison des Enfants de Sèvres qui accueille des orphelins et des enfants juifs. Dans cette école à la pédagogie très libre, elle découvre la photographie. Mais la politique antijuifs du gouvernement de Pétain entraîne la jeune fille, devenue Catherine, dans un exode clandestin dont elle immortalise les moments forts grâce à son Rolleifb02ex. L'adaptation en BD de ce roman nous plonge au c0153ur de ces moments sombres de l'Histoire où s'entremêlent enfants cachés et héros de l'ombre. (publié dans La Revue des livres pour enfants. Sélection annuelle)

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Tamba, l'enfant soldat

Dans un village d'Afrique, les gens se rassemblent dans un bâtiment pour une audience dirigée par la Commission de Vérité et Réconciliation. Au centre, le jeune Tamba, 16 ans, est invité à témoigner de sa participation aux violations des Droits de l'homme dans ce pays qui se remet difficilement de la guerre qui cherche à comprendre et à pardonner pour se reconstruire. Tamba : "J'avais huit ans lorsqu'on m'a kidnappé..."

Le récit poignant d'un enfant soldat

Dans un village d'Afrique (sans plus de précision), lors d'une audience d'une commission « vérité et réconciliation », Tamba est amené à témoigner de son passé d'enfant-soldat, des exactions qu'il a vues et parfois commises, sous les yeux de proches de ses anciennes victimes. Voici le point de départ d'un récit construit en flash-backs successifs, centré sur l'expérience personnelle du jeune garçon. Car cette BD ne traite pas simplement de la tragédie des enfants soldats, mais pose aussi la question de leur reconstruction. Si Tamba parvient à échapper à ses geôliers, sa propre culpabilité continue de le ronger. L'album aborde avec beaucoup de sensibilité les questions de la responsabilité et de la réconciliation possible que ce soit entre individus, entre communautés, ou avec soi-même. Le dessin de Yann Degruel, sobre et réaliste, teinté d'ocre et d'orange, rend accessible le récit à de jeunes adolescents. Celui-ci est complété d'un dossier documentaire pertinent ; et l'ensemble constitue une véritable réussite. (publié dans La Revue des livres pour enfants)

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La guerre des Lulus

La guerre des Lulus (10 vol.)

Pendant l'été 1914, alors que l'armée évacue l'orphelinat de l'abbaye de Valencourt, en Picardie, quatre de ses pensionnaires, Lucas, Lucien, Luigi et Ludwig, dits les Lulus, restent introuvables. Sans le savoir, les enfants sont passés derrière les lignes allemandes.

Les tribulations de quatre garçons pendant la Première Guerre mondiale
Lucas, Lucien, Luigi et Ludwig sont  pensionnaires à l'orphelinat de l'abbaye de Valencourt, en Picardie. On les surnomme les Lulus. En cet été 1914, la guerre éclate. Pour s’éloigner des combats, le pensionnat est évacué. Mais lorsque la troupe évacue l'abbaye, les Lulus, qui ont fait le mur, manquent à l'appel. Ils se retrouvent alors à l'arrière des lignes allemandes…. Malgré le contexte dramatique, les quatre orphelins, forts de leur amitié, survivront aux nombreuses péripéties qui les attendent. Cette série historique, aux nombreux détails, séduira jeunes et moins jeunes par les valeurs qu’elle affiche : l’entraide, la débrouillardise, la solidarité.. . 

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Seule : d'après les souvenirs de Lola

Tiré d'une histoire vraie, le récit du périple d'une enfant de 6 ans, Lola, durant la guerre civile espagnole. Séparée de ses parents depuis trois ans, la petite fille vit chez ses grands-parents dans le village d'Isona, en Catalogne, une région encore épargnée par le conflit. Lorsque les avions franquistes bombardent leur maison, l'enfant découvre la réalité de la guerre.

C'est quoi la guerre quand on a six ans ?

Seule nous raconte le destin d'une petite fille de 6 ans, séparée de ses parents depuis trois ans, vivant chez ses grands-parents en Catalogne durant la guerre civile espagnole (1936-1939). Le récit est basé sur les souvenirs de Lola, grand-mère de la femme de Ricard Efa, le dessinateur. La qualité de la narration de Denis Lapière retranscrit parfaitement les sentiments de Lola face à la réalité de la guerre et les interactions entre cette petite fille, ses grands-parents, puis sa mère et sa petite sœur. Les dessins d'Efa magnifient le récit, en utilisant avec brio l'alternance des techniques, des contrastes de couleurs et des perspectives. Ce récit familial poignant est une vraie réussite, tant littérairement que graphiquement. - Le 20180401 , par Pierre-Henri Collin (publié dans La Revue des livres pour enfants)

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Je me souviens : Beyrouth

A la manière de Je me souviens de Georges Perec, Z. Abirached égrène en images les souvenirs liés à son enfance dans le Beyrouth en guerre des années 1980.

La guerre du Liban racontée à hauteur d'enfant

A travers ses souvenirs d'enfance, apparemment anodins, Zeina Abirached évoque un sujet dramatique : la guerre du Liban. De nombreuses images lui reviennent : la R12 de sa mère dont le pare-brise est constamment brisé à cause des éclats d'obus, l'absence de bus scolaire près de chez elle car les rues sont dangereuses, le jour où elle a dû dormir à l'école car des affrontements avaient lieu dans la rue, son sac à dos posé près de son lit au cas où il faudrait partir vite... Bref, grâce à ces dizaines de petits événements de la vie quotidienne qui racontent l'horreur de la grande histoire, l'auteure arrive à nous décrire, de façon poignante, ces vies bouleversées, avec réalisme, mais sans pathos.

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Sélection : Le droit de ne pas subir la guerre