À l'occasion de l'ouverture de l'exposition Matisse 1941-1954 qui se tient au Grand Palais du 24 mars au 26 juillet 2026, la salle Ovale vous invite à redécouvrir l'œuvre riche et variée de cet artiste incontournable dont le département des Estampes et de la photographie conserve d'ailleurs une exceptionnelle collection. Matisse, considéré comme le maître de la couleur et de la lumière en peinture, s'est également affirmé comme dessinateur, illustrateur, graveur, et sculpteur. Figure majeure de la peinture du XXe siècle en France, il ouvre la voie à l'art abstrait.
Originaire des Hauts-de-France, issu d'une famille de tisserands, Henri Matisse abandonne la profession de clerc de notaire pour se consacrer à la peinture. À Paris, il suit le parcours traditionnel d'un jeune artiste, fréquente les académies et surtout l'atelier de Gustave Moreau ou le Musée du Louvre avant d'accéder à une certaine notoriété au Salon de 1896. Il découvre les œuvres de Turner à Londres, de Cézanne, de Gauguin, de Van Gogh… Ami des artistes, il se lie d'amitié avec Bonnard, Picasso, Miro. Devenu le chef de file du fauvisme en 1905, il ne cessera jamais de se renouveler. Ses multiples voyages (Bretagne, Corse, Espagne, Algérie, Maroc, Océanie) et la découverte du Sud de la France (Saint-Tropez, Nice, Collioure, Vence) alimentent et enrichissent son inspiration. Certains thèmes reviennent de façon récurrente comme la danse ou l'odalisque. Au fil du temps, son œuvre s'échappe du réel et se libère de toute imitation. Les couleurs pures et intenses, les compositions sans profondeur ni volume, les lignes ondoyantes, ne correspondent plus à la réalité visuelle. Son art se simplifie jusqu'à atteindre l'harmonie parfaite.
À la fin de sa vie, lorsque la maladie et le handicap le frappent, il poursuit son œuvre créatrice en "dessinant avec des ciseaux" grâce à la technique des papiers peints à la gouache et découpés (20 gouaches découpées de Jazz). La commande de la Chapelle du Rosaire à Vence (1949-1951) sera son chef-d'œuvre , son testament artistique : il conçoit le décor de la chapelle mais aussi le mobilier, les chasubles et les ornements liturgiques. Grâce aux panneaux de céramique aux motifs stylisés et aux vitraux aux couleurs vibrantes (jaune citron, vert bouteille et bleu azur), il réalise un espace de recueillement incomparable (voir l'article de Michel Florisoone conservateur au musée du Louvre dans Les Nouvelles littéraires, artistiques et scientifiques du 11 novembre 1954 p. 1 et 5). Travailleur infatigable, il continuera à créer jusqu'à la veille de sa mort à Nice en 1954. Devenu le peintre du bonheur, du soleil et de la joie de vivre, il a fait entrer la peinture dans l’ère de la modernité et a atteint son but ultime : créer un art d’équilibre, de pureté, de tranquillité.