- Bande dessinée
Edmond François Calvo, un maître incontesté de la bande dessinée française
En mars 2025, la Bibliothèque nationale de France acquiert 77 planches originales de La Bête est morte ! dessinées clandestinement par Calvo en 1944 et scénarisées par Victor Dancette et Jacques Zimmerman pour le premier fascicule. Témoignage exceptionnel, sous forme de fable animalière, du déroulé de la Seconde Guerre mondiale et des hauts faits de la Résistance, ces planches remarquables sont présentées dans la Rotonde du musée, du 11 octobre 2025 au 1er février 2026, dans l’exposition intitulée : « La Bête est morte ! : Dessiner, résister, témoigner ». L’occasion pour la salle Ovale de revenir sur le parcours de Calvo.
Edmond François Calvo, dit Calvo (1892-1957) est un sculpteur de talent, un caricaturiste hors pair et un illustrateur de génie. Dans ses œuvres, il souligne les travers de son temps et la cruauté de la société. Il réalise son premier dessin dans le Canard enchaîné en 1919. En 1938, il décide de se consacrer entièrement au dessin et va alors travailler jusqu’à la fin de sa vie pour des périodiques destinés à la jeunesse. Admirateur de Daumier, Grandville, ou encore Doré, Calvo exprime son don d’observation et sa capacité à montrer les émotions à travers des caricatures drôles et mordantes. Avec Croquemulot, celui que l’on surnomme le « Walt Disney français », explore à partir de 1942 la bande dessinée anthropomorphique, qui sera sa signature.
Inspiré par Félix Lorioux, Calvo va s’inscrire dans cette veine d’auteurs fabulistes, où chaque animal a son identité propre et où les attitudes des animaux se confondent avec celles des humains. Point d’orgue de cette esthétique animalière : les illustrations de La Bête est morte !. Cette fable est un acte de résistance, elle se veut mémorielle. Si elle a été conçue pour les enfants avec une dimension pédagogique, le thème est transgénérationnel. La Bête est morte ! est extrêmement documentée : pour la première fois dans une bande dessinée, seront évoqués la déportation des Juifs et la Shoah.
Jusqu’à sa mort en 1957, Calvo va se démarquer par ses fables animalières, colorées et dynamiques. Ses réalisations prouvent son art du mouvement, de la lumière et son sens de la composition. Un illustrateur de talent à découvrir ou redécouvrir !



