À noter : fermeture exceptionnelle de la salle Ovale le mardi 17 février, en raison d'opérations de maintenance.
Enfance interdite : le travail et l'exploitation des mineurs
Sélection par Les bibliothécaires - BnF
Il y a 150 ans, en 1874, le Parlement français votait la loi Joubert qui régulait le travail des enfants dans l’industrie. Faisant suite à une première loi votée en 1841 qui interdisait le travail des enfants de moins de 8 ans, elle prohibait, entre autres le travail à temps complet dans certains secteurs (soit 12 heures par jour à l’époque), des mineurs de moins de 12 ans. Si la réalité sociale de cette exploitation des enfants nous semble aujourd’hui archaïque et est illégale en regard de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), 160 millions d’enfants sont encore contraints, en 2024, de travailler à travers le monde (UNICEF). La salle Ovale vous propose quelques documents sur cette réalité, qui peut aussi bien prendre la forme d’une exploitation économique, d’une nécessité de survie, d’une volonté de créer des champions sportifs.
Nos derniers coups de coeur
Bande dessinée
Mettez des mots sur votre colère
Malès, Marc (1954-....)
Début des années 1900, aux États-Unis. Owen Brady, photographe, s'est spécialisé dans la prise d'instantanés représentant des portraits d'enfants. Ils ont tous en commun le fait de venir de milieux défavorisés et d'être, malgré leur âge, obligés de gagner leur vie. Soutenu par le National Child Labour Committee, voilà plus de quatre ans qu'il parcourt le pays dans le but de dénoncer le scandale de l'exploitation de ces jeunes travailleurs. Mais ce combat, il le livre aussi pour lui-même : Owen a été l'un de ces enfants. Ces cicatrices mal refermées ont fait de lui un écorché vif, en lutte contre toutes les formes d'injustices ...
Dans ce somptueux album au format à l'italienne, Marc Malès nous livre une histoire bouleversante et humaniste sur les conditions de vie des enfants travailleurs aux États-unis au début du XXe siècle.
Le travail des enfants pris en flagrant délit
Au début du XXe siècle, Owen Brady revient d'un périple à travers les États-Unis, à l'occasion d'une commande du National Child Labour Committee qui souhaite obtenir une loi interdisant le travail des enfants. Pendant plusieurs mois, Owen a photographié les enfants au travail, collecté des preuves. Le personnage d'Owen Brady est fictif, mais ces enquêtes photographiques ont bien existé et le photographe Lewis Hine a réellement réalisé un reportage sur le travail des enfants. Dans un beau format à l'italienne, le dessin réaliste prend des couleurs sépia qui imitent les teintes des photographies anciennes. Cette veine documentaire se mêle à des éléments fictionnels, liés à la personnalité torturée du photographe, très éprouvé par la rencontre avec ces enfants blessés, exploités, humiliés, harassés... Sa révolte passe par des bouffées de violence et des états de sombre dépression, où il se réfugie dans l'alcool et les bordels. Cet album original vaut autant pour sa valeur de témoignage, que pour le récit de vie d'un personnage attachant, lui-même rescapé d'une enfance meurtrie. (par Marine Planche, publié dans La Revue des livres pour enfants)
Les bibliothécaires - BnF
Bande dessinée
Le train des orphelins (cycle 1 en 2 vol.)
Charlot, Philippe
New York, 1990. Harvey et Jim se retrouvent. Soixante-dix ans auparavant, ils faisaient partie de ces enfants sans famille issus de l’émigration européenne, emmenés en train à travers les Etats-Unis pour être placés dans des familles d’adoption et servir de main-d'oeuvre bon marché. En fin d'ouvrage, des documents sur le vrai train des orphelins.
Quand les enfants construisaient l'Amérique
Cette série, qui n'a rien à voir avec le roman du même nom, donne à connaître, un peu comme un docu-fiction, une réalité historique méconnue : l'existence de trains entiers d'orphelins (ou enfants abandonnés par les émigrés européens réduits à la misère) qui ont traversé l'Amérique pour aller peupler les terres de l'Ouest. Main-d'oeuvre à bas prix qui rappelle un peu l'univers des enfants des rues à la Dickens, dans un dessin classique mais agréable. C'est à travers l'aventure personnelle de Harvey et de Jim, qui revivent leur passé soixante-dix ans plus tard, en 1990, qu'est traitée cette histoire. Un dossier documentaire complète d'ailleurs utilement la fiction en fin d'ouvrage. Par Hélène Valloteau, publié dans La Revue des livres pour enfants.
Les bibliothécaires - BnF
Album
Massamba : le marchand de tours Eiffel
Huard, Alexandra
Massamba fuit son pays en Afrique pour se réfugier en France. Après une dangereuse traversée de la Méditerranée et un séjour dans un camp de réfugiés, il se cache dans un camion pour rejoindre Paris, où il devient vendeur de tours Eiffel miniatures. Prix Jeunesse-Mairie du XVe 2019.
Un récit poétique pour comprendre le travail des mineurs migrants
Les drames et les dangers des flux migratoires vers l’Europe sont décrits dans cet ouvrage dans un langage simple, sans anxiété et à hauteur d’enfant. Le dessin doux, poétique parfois et en même temps réaliste, correspond bien à cette approche, parfaitement adaptée aux plus jeunes, sur un sujet complexe à traiter. Quelques pages pour décrire la férocité des humains et du monde auxquelles font écho la générosité et l’espoir. Quelques mots pour décrire les conditions de vie des migrants clandestins entre solidarité communautaire et précarité économique et sécuritaire. L’ingéniosité d’un enfant, qui vend de petites tours Eiffel pour survivre, comme symbole de l’apprentissage de la vie face à l’adversité et une dose d’héroïsme et de happy end. Voici tous les ingrédients de cet album pour comprendre simplement ce mot aujourd’hui surinvesti médiatiquement : migration.
Les bibliothécaires - BnF
Jeunesse
Les misérables (8 vol.)
Arai, Takahiro (1982-....)
France, 1795. Jean Valjean est condamné à cinq ans de bagne pour avoir volé du pain afin de nourrir sa soeur et ses sept neveux. Après plusieurs tentatives d'évasion, sa peine est prolongée et il ne sort de prison qu'en 1815. Rejeté par tous à cause de son passé de bagnard, il est accueilli par l'évêque de Digne.
Une bonne introduction à cette oeuvre incontournable
Les Misérables ont été traduits au Japon, depuis longtemps, sous le titre Oh impitoyable. C'est d'après une de ces adaptations du début du XXe siècle qu'Arai a écrit son manga. Adapter une adaptation est périlleux car l'on peut se demander ce qu'il reste de l'œuvre originale. Pourtant ce manga a su garder l'esprit du roman : on y retrouve les personnages principaux, les épisodes les plus connus, et même les diatribes de Victor Hugo contre son temps. Quant à l'univers du manga, il est respecté par la mise en page, le dessin, et même par l'adjonction de fantastique dans l'intrigue, quand Jean Valjean se transforme en lion, par exemple.
Les bibliothécaires - BnF
Sélection : Enfance interdite : le travail et l'exploitation des mineurs
La jeunesse de Yoshio (contient : « L'atelier de galvanoplastie d'Ôba »)
Tsuge, Yoshiharu (1937-....)
Oeuvres (contient : « La petite fille aux allumettes »)
Andersen, Hans Christian (1805-1875)